đŸș ÉCOSSE — LE MÊME DÉTECTORISTE DÉCOUVRE UN DEUXIÈME DÉPÔT DE L’ÂGE DU BRONZE


Il avait dĂ©jĂ  dĂ©couvert en 2020 l’un des ensembles de l’ñge du Bronze les plus remarquables d’Écosse. Deux ans plus tard, Mariusz StępieƄ a rĂ©cidivĂ© Ă  seulement une dizaine de kilomĂštres : son dĂ©tecteur l’a conduit vers un nouveau dĂ©pĂŽt vieux d’environ 3 000 ans. BaptisĂ© « Blyth Hoard », celui-ci renferme deux haches en bronze, de rares vestiges de moules en argile et surtout un lingot de cuivre complet prĂ©sentĂ© comme exceptionnel pour l’Écosse. Une dĂ©couverte rĂ©alisĂ©e en 2022, mais rĂ©vĂ©lĂ©e publiquement en octobre 2026.

La découverte a été annoncée officiellement par National Museums Scotland, qui consacre désormais un dossier complet au Blyth Hoard : découvrir le Blyth Hoard sur le site de National Museums Scotland.


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Le Blyth Hoard rĂ©unit notamment deux haches Ă  douille en bronze, un lingot de cuivre et plusieurs fragments de moules datant de la fin de l’ñge du Bronze.

Crédit : Stewart Attwood / National Museums Scotland


UNE PREMIÈRE HACHE SOUS LE DÉTECTEUR

L’histoire commence en 2022, prĂšs de Blyth Bridge, dans les Scottish Borders. Mariusz StępieƄ prospecte avec son dĂ©tecteur lorsqu’il met au jour une premiĂšre hache Ă  douille en bronze.

TrĂšs vite, il comprend que l’objet n’est probablement pas isolĂ©. D’autres signaux apparaissent dans le sol.

PlutĂŽt que de continuer Ă  creuser et Ă  retirer les objets un Ă  un, le dĂ©tectoriste dĂ©cide alors d’arrĂȘter ses recherches et de prĂ©venir le Treasure Trove Unit, l’organisme chargĂ© en Écosse de gĂ©rer les dĂ©couvertes archĂ©ologiques susceptibles de prĂ©senter un intĂ©rĂȘt patrimonial.

Ce réflexe va se révéler essentiel.

Les spĂ©cialistes sont alertĂ©s et une vĂ©ritable fouille archĂ©ologique peut ĂȘtre organisĂ©e. Les archĂ©ologues peuvent ainsi observer les objets dans leur contexte d’origine, Ă©tudier leur position et prĂ©server des matĂ©riaux particuliĂšrement fragiles.

👉 Lire le communiquĂ© officiel de National Museums Scotland

UN DÉPÔT VIEUX D’ENVIRON 3 000 ANS

La fouille montre que les objets avaient été déposés dans un ancien cairn de pierres.

Les spĂ©cialistes pensent que certaines pierres avaient Ă©tĂ© dĂ©placĂ©es pour permettre le dĂ©pĂŽt des objets avant que l’ensemble ne soit Ă  nouveau recouvert.

Le Blyth Hoard est datĂ© de la fin de l’ñge du Bronze, approximativement entre 1150 et 800 avant notre Ăšre.

Le dépÎt comprend notamment :

  • deux haches Ă  douille en bronze ;
  • plusieurs fragments de moules ou de noyaux de moules en argile ;
  • un lingot de cuivre complet ;
  • divers Ă©lĂ©ments associĂ©s au travail du mĂ©tal.

La prĂ©sence simultanĂ©e de matiĂšre premiĂšre, d’objets finis et de matĂ©riel liĂ© Ă  leur fabrication rend l’ensemble particuliĂšrement intĂ©ressant pour les archĂ©ologues.

UN LINGOT DE CUIVRE EXCEPTIONNEL

La piĂšce qui attire peut-ĂȘtre le plus l’attention est un lingot complet de cuivre.

Selon National Museums Scotland, il s’agit du premier lingot complet de ce type dĂ©couvert en Écosse.

Des lingots comparables sont davantage connus dans le sud de la Grande-Bretagne. La prĂ©sence d’un tel objet dans les Scottish Borders pourrait donc apporter de nouvelles informations sur les Ă©changes et les rĂ©seaux d’approvisionnement en mĂ©tal Ă  la fin de l’ñge du Bronze.

👉 Voir le dossier dĂ©taillĂ© consacrĂ© au Blyth Hoard

Les scientifiques souhaitent dĂ©sormais analyser la composition du cuivre afin d’essayer d’en dĂ©terminer la provenance.

Si son origine gĂ©ographique peut ĂȘtre identifiĂ©e, ce simple morceau de mĂ©tal pourrait raconter une histoire beaucoup plus vaste : celle des routes commerciales et des Ă©changes de matiĂšres premiĂšres existant il y a prĂšs de trois millĂ©naires.

DES MOULES EN ARGILE RARISSIMES

Les fragments de moules constituent un autre aspect remarquable de la découverte.

Le bronze Ă©tait gĂ©nĂ©ralement obtenu en faisant fondre du cuivre et de l’étain avant de couler le mĂ©tal liquide dans des moules.

Mais les matériaux utilisés pour fabriquer ces moules se conservent beaucoup moins bien dans le sol que les objets en bronze.

Retrouver des vestiges de moules datant de cette période est donc particuliÚrement précieux pour comprendre comment les artisans fabriquaient leurs objets.

Et dans le cas du Blyth Hoard, ces moules pourraient permettre une comparaison extraordinaire avec des objets découverts quelques kilomÚtres plus loin.


👉 Galerie officielle des images du Blyth Hoard

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Les fragments de moules en argile constituent l’une des dĂ©couvertes les plus prĂ©cieuses du Blyth Hoard. Leur Ă©tude pourrait permettre de comprendre la fabrication de certains objets de bronze dĂ©couverts dans la rĂ©gion.

Crédit : Stewart Attwood / National Museums Scotland


UN LIEN POSSIBLE AVEC LE CÉLÈBRE PEEBLES HOARD

C’est ici que l’histoire devient encore plus Ă©tonnante.

À seulement sept miles, soit environ onze kilomĂštres, du lieu de dĂ©couverte du Blyth Hoard se trouve l’emplacement d’un autre dĂ©pĂŽt spectaculaire de l’ñge du Bronze : le Peebles Hoard.

Et ce trĂ©sor avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dĂ©couvert par
 Mariusz StępieƄ.

En 2020, le mĂȘme dĂ©tectoriste avait repĂ©rĂ© dans les Scottish Borders un ensemble archĂ©ologique exceptionnel comprenant plusieurs centaines d’élĂ©ments.

Le Peebles Hoard contient notamment des objets de bronze, des Ă©lĂ©ments en bois et en cuir, ainsi qu’une Ă©pĂ©e complĂšte accompagnĂ©e de son fourreau.

👉 DĂ©couvrir le Peebles Hoard sur le site de National Museums Scotland

AprĂšs plusieurs annĂ©es de conservation et d’étude, cet ensemble a Ă©tĂ© attribuĂ© Ă  National Museums Scotland en 2024.

Mais ce qui fascine aujourd’hui les chercheurs, c’est la possibilitĂ© que les deux dĂ©pĂŽts soient historiquement liĂ©s.

Certains fragments de moules retrouvés à Blyth semblent en effet correspondre à des formes observées sur des objets du Peebles Hoard.

Cela pourrait signifier que certains objets du premier dĂ©pĂŽt ont Ă©tĂ© fabriquĂ©s dans la mĂȘme rĂ©gion, voire dans le mĂȘme environnement artisanal que celui auquel appartenait le matĂ©riel retrouvĂ© Ă  Blyth.


👉 Voir le Peebles Hoard et ses objets

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Le Peebles Hoard, dĂ©couvert par Mariusz StępieƄ en 2020 Ă  seulement une dizaine de kilomĂštres du Blyth Hoard. Certains objets pourraient prĂ©senter un lien avec les moules dĂ©couverts Ă  Blyth.

Crédit : National Museums Scotland


LA TRACE D’UN ARTISAN DU BRONZE ?

Une hypothĂšse particuliĂšrement sĂ©duisante commence donc Ă  Ă©merger : le Blyth Hoard pourrait avoir appartenu Ă  un artisan spĂ©cialisĂ© dans le travail du bronze, voire Ă  un groupe d’artisans.

Le lingot représenterait une réserve de matiÚre premiÚre.

Les moules auraient servi Ă  fabriquer les objets.

Quant aux haches, elles auraient pu ĂȘtre des outils, des marchandises ou mĂȘme une rĂ©serve de mĂ©tal destinĂ©e Ă  ĂȘtre refondue.

Cette association entre matiĂšre premiĂšre, objets finis et outils liĂ©s Ă  la fabrication est extrĂȘmement intĂ©ressante pour les archĂ©ologues.

Une couche de matiÚre brûlée a également été découverte au contact de certains objets. Elle pourrait avoir participé à la conservation des fragiles fragments de moules.

Les chercheurs se posent désormais plusieurs questions.

S’agissait-il d’un atelier ?

D’un dĂ©pĂŽt volontaire appartenant Ă  un artisan ?

Les objets avaient-ils Ă©tĂ© cachĂ©s avec l’intention de revenir les rĂ©cupĂ©rer plus tard ?

Ou le dépÎt possédait-il une signification rituelle ?

Pour le moment, aucune hypothĂšse ne peut ĂȘtre retenue avec certitude.

DEUX DÉPÔTS EXCEPTIONNELS POUR LE MÊME DÉTECTORISTE

L’histoire de Mariusz StępieƄ est elle-mĂȘme extraordinaire.

En 2020, il découvre le Peebles Hoard.

En 2022, Ă  seulement quelques kilomĂštres, son dĂ©tecteur l’amĂšne vers le Blyth Hoard.

Deux ensembles datant de l’ñge du Bronze, dĂ©couverts Ă  deux annĂ©es d’intervalle par le mĂȘme homme et dĂ©sormais susceptibles d’avoir un lien archĂ©ologique entre eux.

De quoi faire rĂȘver bien des passionnĂ©s de dĂ©tection.

Mais au-delĂ  de la chance exceptionnelle du dĂ©tectoriste, cette histoire rappelle Ă©galement l’importance du comportement adoptĂ© aprĂšs une dĂ©couverte sensible.

LE BON RÉFLEXE : ARRÊTER DE CREUSER

Lorsque Mariusz StępieƄ dĂ©couvre sa premiĂšre hache et comprend que d’autres objets sont probablement prĂ©sents, il arrĂȘte de creuser et alerte les autoritĂ©s compĂ©tentes.

Grùce à cette décision, les archéologues peuvent intervenir avant que le contexte archéologique ne soit détruit.

Ils peuvent relever prĂ©cisĂ©ment la position des objets, Ă©tudier leur disposition dans le cairn, observer les couches de sol et prĂ©server les Ă©lĂ©ments fragiles qui auraient pu ĂȘtre dĂ©truits par une extraction trop rapide.

C’est probablement l’un des enseignements les plus intĂ©ressants de cette histoire pour les passionnĂ©s de dĂ©tection : un objet ancien n’est jamais seulement un objet.

Sa position, la profondeur Ă  laquelle il se trouve, les matĂ©riaux prĂ©sents autour de lui et les autres objets associĂ©s peuvent parfois apporter encore plus d’informations que l’objet lui-mĂȘme.

UNE DÉCOUVERTE DE 2022 RÉVÉLÉE EN 2026

Il faut Ă©galement prĂ©ciser que le Blyth Hoard n’a pas Ă©tĂ© dĂ©couvert en octobre 2026.

La découverte remonte à 2022.

Depuis cette date, le dĂ©pĂŽt a fait l’objet de fouilles, de travaux de conservation et de recherches scientifiques.

Ce n’est qu’en octobre 2026 que National Museums Scotland a prĂ©sentĂ© publiquement toute l’importance de l’ensemble et les premiers rĂ©sultats des Ă©tudes.

👉 Lire l’annonce officielle de National Museums Scotland

👉 Lire Ă©galement l’article d’ITV News consacrĂ© Ă  la dĂ©couverte

UNE HISTOIRE QUI EST LOIN D’ÊTRE TERMINÉE

Les recherches vont maintenant se poursuivre.

Les scientifiques souhaitent notamment dĂ©terminer l’origine du cuivre, comprendre prĂ©cisĂ©ment la fonction des moules et vĂ©rifier les liens possibles entre le Blyth Hoard et le Peebles Hoard.

À partir du signal initial d’une simple hache sous un dĂ©tecteur, les chercheurs disposent dĂ©sormais d’une fenĂȘtre exceptionnelle sur les artisans, les techniques mĂ©tallurgiques et les rĂ©seaux d’échange de l’Écosse d’il y a prĂšs de 3 000 ans.

Et pour Mariusz StępieƄ, l’histoire possĂšde Ă©videmment une saveur particuliĂšre : dĂ©couvrir un premier trĂ©sor exceptionnel constitue dĂ©jĂ  l’aventure d’une vie.

En dĂ©couvrir un second, quelques annĂ©es plus tard et Ă  seulement onze kilomĂštres du premier, tient presque de l’incroyable.

SOURCES

👉 National Museums Scotland — Extraordinary Bronze Age find in the Scottish Borders

👉 National Museums Scotland — The Blyth Hoard

👉 National Museums Scotland — The Peebles Hoard

👉 Galerie presse — Photos du Blyth Hoard

👉 ITV News — Metal detectorist finds his second Bronze Age hoard in two years

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